Magnifique voyage en Roumanie avec un copain. Nous sommes partis du 15 au 23 juin 2010 et nous avons parcouru en voiture le trajet suivant:
Mardi 15 juin
Arrivée à l'aéroport Otopeni - Henri Coanda de Bucarest. Chaleur étouffante, la canicule.
Bus n° 783 en direction du centre (45 min de trajet): une véritable fournaise !
Descente à Piata Romana pour rejoindre le Central Hostel, petite auberge confortable et bien située.
Orage avec pluies diluviennes le soir; des tornades et des averses de grêlons ont fait beaucoup de dégâts en Roumanie.
Pas un soir sans orage !
Mercredi 16 juin
Visite du centre-ville de Bucarest: grandes places avec écrans géants, grandes artères, quelques quartiers historiques épargnés.
Il fait très chaud, et l'achat de bouteilles d'eau et les arrêts bière sont fréquents.
Beaucoup de chiens errants (ils sont légion partout en Roumanie); encore pas mal de R12 et de Dacia 1310 (beaucoup d'épaves qui traînent ici et là).
Ville faite de contrastes:
les voitures luxueuses et l'arrogance des nouveaux riches et la misère noire des quartiers tsiganes et le désespoir des retraités qui sont dans la misère
on plonge des grandes avenues à des bouts de province, d'une artère engorgée de voitures à une rue-oasis où les gens jouent aux cartes
on passe des bâtiments totalitaires à de petites églises dissimulées.
Bucarest est une ville peu développée sur le plan touristique: peu de bars et de restos, je n'ai pas trouvé de cartes postales.
Dans l'après-midi, visite du palais du Parlement (ex palais du Peuple).
Les projets démentiels de Ceaucescu ont mis à bas l'équivalent de trois arrondissements parisiens et détruit parmi les plus anciens et les plus charmeurs. Ils ont implanté au coeur de la ville un véritable cancer de chantiers énormes, transformant des zones entières en terrains vagues, envahis de détritus, parcourus de chaussées défoncées et de chiens errants.
Le palais serait le 2ème monument du monde par sa masse (après le Pentagone); il s'étire sur 270 m de long et 240 m de large, 86 m de hauteur, 2 550 000 mètres cube pour 60 000 mètres carrés de plancher ! 12 étages, plusieurs milliers de pièces, antichambres et salons, une soixantaine de salles de réception, escaliers monumentaux; du marbre partout. Des centaines d'architectes et plus de 20 000 travailleurs ont participé, à partir de 1984 et pendant 5 ans, à ce chantier !
Jeudi 17 juin
Rendez-vous à l'agence de location pour récupérer une Mégane très confortable avec clim mais sans GPS.
Départ pour la cité médiévale de Sighisoara en Transylvanie: 284 km et près de 6 heures de route avec les pauses.
Franchissement des Carpates. Pause repas à Predeal. Puis traversée de Brasov. Arrivée à la très confortable auberge Nathan's Villa de Sighisoara.
Vendredi 18 juin
La Cetatea, la ville haute de Sighisoara est la cité féodale la mieux conservée et la plus évocatrice de Transylvanie, classée au Patrimoine de l'Unesco.
Ici serait né Vlad Dracul, le père de Vlad Tepes, qui inspira à Bram Stoker la légendaire figure du comte Dracula.
9 tours subsistent de cet ancien castrum romain. En 1676, un incendie a endommagé la plupart des maisons de la ville haute, aujourd'hui bien restaurée.
La chaleur est nettement plus supportable qu'à Bucarest.
Samedi 19 juin
Départ pour les Monts Apuseni.
Targu Mures, Turda, puis N75 vers Albac. 230 km, environ 6 heures de route avec les pauses.
Les Monts Apuseni sont le massif le plus secret de Roumanie, complexe, sauvage, qui réserve quantité de bonnes surprises.
Vallées encaissées sillonnées par de petits cours d'eau capricieux, des grottes, des forêts où abondent toutes sortes de gibier. Une région très hospitalière.
Logement dans la Pensiunea Vila Rustica chez la très accueillante famille Oprean, à Albac. Ils nous concocteront de savoureux dîners. Petits-déjeuners copieux avec, outre le pain, beurre et confiture habituels, des charcuteries, oeufs, omelette... http://www.vilarustica.ro
La température est très agréable.
Albac:
Dimanche 20 juin
Direction Gârda de Sus; randonnée à pied vers le Ghetarul subteran (glacier souterrain) de Scarisoara: une des grottes les plus célèbres du pays. Randonnée dans un monde idyllique de hêtres, de sapins, de clairières, de dolines verdoyantes et de maisons en bois.
Visite du glacier (-14° C !):
Traversée d'un hameau Moti, vieille civilisation roumaine. L'histoire retient le penchant des Moti pour la révolte paysanne. Ils vivent de l'élevage, de l'exploitation forestière et de l'artisanat du bois. Eparpillé sur les rondeurs du paysage, jusque vers 1300 m, au-dessus des canyons ou perdu au creux des prairies, l'habitat des Moti a créé un paysage sublime, unique en Roumanie. Des milliers de fermes isolées, dispersées en petits hameaux, ponctuent une sorte de bocage de montagne. Le paysage est merveilleux mais les conditions de vie sont dures: peu de routes, pas de téléphone, peu d'électricité, et les écoles qui ferment.
Paysages magnifiques, mais dommage que les déchets soient si nombreux, surtout aux bords des cours d'eau.
Lundi 21 juin
Randonnée sur les hauteurs surplombant l'Aries. Crêtes aérées, panorama sur les Apuseni, clairières bucoliques et forêts à champignons. Le chemin suit la crête.
Mardi 22 juin
Retour à Bucarest: 442 km, 10 heures de route.
Alba Julia, Sibiu (pause café), franchissement des Monts Fagaras (les plus élevés du pays), paysage magnifique.
Repas à Ramnicu Valcea; Traversée de Pitesti, puis autoroute A1 jusqu'à Bucarest où la voiture devait être rendue avant 18 heures, heure de fermeture de l'agence. Or Bucarest est 2,5 fois plus vaste que Paris, et sans GPS et malgré un itinéraire préparé à l'avance, on s'est un peu égaré pendant 45 minutes, avant de retrouver notre chemin.
Arrêt à la station essence Petrom (seulement 50 euros de dépensés pour tout le voyage !). Restitution de la voiture à 17H50: on a trop assuré !
Atmosphère nettement plus fraiche à Bucarest.
Le soir, visite de la Piata Revolutiei et du Parc Cismigiu, féérique, avec ses plans d'eau, l'ululement des chouettes, le coassement des grenouilles.
La conduite en Roumanie
Il faut avoir le coeur bien accroché pour conduire en Roumanie et être vigilant tout le temps: charrettes et piétons sur les routes, vélos en contresens, chiens errants, chiens écrasés, vaches; dépassements suicidaires des roumains où souvent ça se joue à quelques mètres avec la voiture d'en face, conduite ahurissante et dangereuse des poids lourds, non-respect des lignes blanches, travaux omniprésents, accidents...
Même si les routes principales sont en très bon état (un vrai billard parfois), les trous deviennent légion sur les voies secondaires, et il vaut mieux éviter les plus profonds sous peine de casse. Quand on conduit en Roumanie, on peut conduire partout ailleurs ! Et on comprend pourquoi la tolérance d'alcool au volant est de 0 g/l !
Mercredi 23 juin
Départ pour Paris sous une pluie diluvienne !
Magnifique voyage, semaine très intense avec des souvenirs et des expériences inoubliables !